Cheveux

Faut-il vraiment couper les pointes pour stimuler la pousse des cheveux ?

Par Maxime
5 minutes

Mythe ou nécessité : la coupe des pointes dans la quête de cheveux longs


En matière de soins capillaires, rares sont les croyances aussi répandues que celle qui veut que couper régulièrement les pointes accélère la pousse des cheveux. Dans les salons comme sur les forums, chacun y va de son avis : pour certains, la coupe serait la clé d’une crinière longue et forte ; pour d’autres, un simple geste d’entretien sans incidence sur la vitesse de croissance. Sur beaute-pratique.fr, nous avons mené l’enquête : que dit la science ? Quel est l’intérêt réel de « couper les pointes » ? Quels sont les bénéfices constatés par les lectrices et coiffeurs ? Passage en revue des faits, des témoignages et de la routine idéale pour la santé du cheveu.


Comprendre la croissance du cheveu : une affaire de racines, pas de pointes


La structure capillaire ne laisse que peu de place à l’ambiguïté. Chaque cheveu pousse à partir d’un follicule situé sous le cuir chevelu, alimenté par une microcirculation sanguine qui lui apporte nutriments et oxygène. En moyenne : un cheveu gagne 1 à 1,5 cm par mois, selon la génétique, l’âge, les hormones, l’alimentation et l’état de santé général.

  • La zone de croissance est exclusivement située au niveau du bulbe.
    Couper ou non les longueurs – même les pointes abîmées – n’a donc aucune incidence directe sur la vitesse à laquelle chaque cheveu sort de la racine.
  • La longueur gagnée dépend principalement du cycle de vie du cheveu.
    Sur une tête adulte, le cheveu reste en phase anagène (croissance) pendant 2 à 6 ans, puis tombe et est remplacé. La coupe n’influe pas sur ce mécanisme naturel.

En somme : la pousse se joue à la racine, et jamais à l’extrémité.


Casser le mythe : pourquoi la confusion persiste ?


Si le fait de couper les pointes ne stimule pas anatomiquement la croissance des cheveux, la confusion s’explique par l’effet visuel obtenu.

  • Lorsque les pointes sont fourchues, sèches ou cassantes, elles se détériorent progressivement, provoquant une remontée de la casse vers le haut de la fibre.
  • Résultat : même si le cheveu pousse « en racine », la longueur stagne puisque les extrémités se cassent aussi vite qu’elles grandissent.
  • Couper régulièrement les pointes abîmées permet de limiter la casse, favorise un cheveu d’apparence plus sain et donc, sur le long terme, une chevelure plus longue et homogène.

Les coiffeurs confirment : « Beaucoup de clientes ont l’impression que leurs cheveux ne poussent plus. En réalité, la pousse est bien là, mais les pointes tellement fragilisées qu’elles se dédoublent et se brisent. Une coupe régulière redonne de la vigueur et évite ce cercle vicieux. »


La fréquence de coupe idéale en fonction de son type de cheveux


Pas question néanmoins de couper à tout-va : la fréquence adaptée varie selon la texture et la fragilité de la fibre.

  • Cheveux fins, fragiles ou traités (décolorés, lissés chimiquement) : une coupe toutes les 2 à 3 mois pour maintenir la santé des pointes.
  • Cheveux épais, naturels ou peu sensibilisés : espacer jusqu’à 3 ou 4 mois selon l’état des longueurs.
  • Cheveux bouclés/crépus : surveiller de près les pointes (les boucles camouflent souvent la casse) et couper dès apparition de « frisures » ou cheveux rêches.

L’objectif : éliminer régulièrement la partie la plus usée pour éviter qu’elle ne compromette la longueur future. Mais inutile de sacrifier 5 cm chaque fois : une coupe de 0,5 à 1 cm suffit dans la plupart des cas.


Quels signes indiquent qu’une coupe devient indispensable ?


  • Pointes fourchues, effet plume ou « queue de rat »
  • Extrémités ultra-secs malgré les soins
  • Cheveux qui s’emmêlent en bas ou forment des nœuds récalcitrants
  • Chute de cheveux qui vous semblent plus courts malgré la pousse en racine
  • Aspect terne, perte de volume en longueurs

Dès que deux ou trois de ces signes apparaissent, lustrer la coupe redonne vitalité et éclat immédiats.


Retours d’expérience : ce qu’en pensent les lecteurs et les experts beauté


« J’ai tenté de zapper la coupe pendant 10 mois, persuadée que je garderais plus de longueur. Résultat, mes pointes se sont tellement affinées que j’ai fini par devoir retirer 4 cm d’un coup pour retrouver une belle matière. Depuis, je préfère perdre un petit centimètre régulièrement. »
— Léna, 32 ans, cheveux longs colorés

« Je ne coupe quasiment jamais les miens, sauf au retour du soleil ou après les vacances, et je les hydrate beaucoup. Ça marche pour moi car mes cheveux sont épais naturellement, mais pour mes filles aux cheveux fins, on voit très vite la différence si on attend trop. »
— Hakim, 41 ans, papa et lecteur de beaute-pratique.fr

« Biologiquement, rien n’a jamais montré que la coupe du cheveu pouvait influencer la phase de croissance en racine. En revanche, une pointe saine résiste mieux aux agressions, ce qui permet – à terme – d’arborer une chevelure plus longue sans avoir à tout couper à cause de la casse. »
— Dr Émilie S., dermatologue spécialiste du cheveu

Optimiser la pousse : la coupe, mais pas que ! Les autres leviers fondamentaux


En complément des coupes régulières, adopter les bons gestes « pousse-friendly » maximise le potentiel de longueur.

  • Alimentation équilibrée : apport en protéines, fer, zinc, vitamines B et acides gras essentiels pour soutenir la kératinisation.
  • Massage du cuir chevelu : stimule la microcirculation, favorisant l’apport des nutriments au follicule.
  • Soins protecteurs : huiles végétales, produits nutritifs sur les longueurs, et utilisation modérée des sources de chaleur.
  • Protection mécanique : éviter les élastiques trop serrés, dormir sur une taie d’oreiller en soie, limiter le coiffage brutal.
  • Routine adaptée : shampoings doux, masques hydratants, et rinçage à l’eau tiède pour préserver la fibre.

Routine type pour conserver la longueur et prévenir la casse


  1. Couper 0,5 à 1 cm tous les 3 mois (selon le type de cheveux)
  2. Démêler sur cheveux humides à l’aide d’un peigne à dents larges
  3. Protéger les pointes avec une huile fine ou un sérum spécifique
  4. Nourrir (masque ou bain d’huile) une fois par semaine
  5. Masser le cuir chevelu 3 à 5 minutes avant ou pendant le shampoing
  6. Favoriser le séchage naturel ou choisir le mode « air froid » du sèche-cheveux

Ces petites habitudes font clairement la différence sur l’éclat, la souplesse et la rétention de la longueur.


La coupe, un geste plus esthétique que « pousse »


Après enquête, balayage d’études scientifiques et retour du terrain, la coupe des pointes s’impose surtout comme une stratégie anti-casse et un acte d’entretien, certes indispensable, mais sans effet « boosteur » sur la croissance proprement dite. C’est la santé générale (racine, cuir chevelu et habitudes de vie) qui détermine le potentiel de pousse maximal.
Couper permet donc de préserver la longueur déjà acquise, d’obtenir une crinière visuellement dense et de limiter la sensation de stagnation.


À retenir : pousse pas plus vite… mais pousse mieux


Nul besoin d’attendre des miracles de la simple coupe, mais ne pas la négliger non plus si vous souhaitez une chevelure longue, épaisse et saine. Le juste équilibre : couper régulièrement les pointes abîmées, adopter une routine protectrice, et soutenir la santé du cheveu de l’intérieur.
Sur beaute-pratique.fr, nous prônons une approche globale et pragmatique : analysez vos besoins, écoutez l’état de vos longueurs, et ajustez la fréquence de coupe à la réalité du terrain… complètement déculpabilisé, car la beauté du cheveu se joue avant tout sur la durée et la cohérence des gestes du quotidien.

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