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Parfums unisexes : une tendance qui s’affirme

Par Maxime
6 minutes

Une nouvelle ère olfactive : pourquoi le parfum s’affranchit du genre


Porter un parfum selon une dichotomie stricte « homme » ou « femme » semble de plus en plus appartenir au passé. Les fragrances unisexes, ou universelles, connaissent aujourd’hui un essor remarquable. Ce mouvement s’inscrit dans une tendance globale de remise en question des codes de la beauté, où l’on cherche à privilégier l’expression de soi et la liberté, plutôt qu’une catégorisation figée.


Les marques investissent désormais massivement ce terrain, proposant des jus inspirés, subtils et ouverts à tous, qui n’imposent plus un genre mais une histoire, un sillage, ou une émotion. Tour d’horizon d’un phénomène qui bouscule les habitudes et redéfinit le geste parfum.


Petite histoire du parfum sans genre : du mythe à la réalité


Jusqu’à relativement récemment, les grandes maisons françaises et internationales segmentaient la parfumerie en créations féminines (florales, sucrées, poudrées) et masculines (boisées, aromatiques, cuirées). Pourtant, cette répartition n’a rien d’évident dans l’histoire longue du parfum. De l’Antiquité à la Renaissance, huiles et onguents étaient utilisés indifféremment des genres, et certaines notes emblématiques — comme l’encens, la rose ou le musc — étaient portées par tous.


Ce n’est qu’au XXe siècle que le marketing impose de distinguer le floral du boisé, la fraîcheur des agrumes de la puissance ambrée, en fonction de la cible supposée. Ce clivage n’a jamais totalement convaincu. Ainsi, de nombreuses icônes choisissaient depuis longtemps d’emprunter des flacons du « camp d’en face » : on raconte que Marilyn Monroe aimait porter le vétiver, tandis que Paul Newman ne jurait que par la Cologne à la fleur d’oranger.


La vague unisexe moderne, à l’orée des années 1990, est lancée par quelques créations devenues cultes dont la « CK One » de Calvin Klein, qui ose la neutralité fraîche et végétale pour tous.


Pourquoi ce boom aujourd’hui ? Regards sociétaux et quête d’authenticité


Si la tendance s’accélère, c’est aussi sous l’influence d’une génération plus attentive à l’inclusivité, au rejet des catégories imposées et à la recherche d’authenticité. Les consommateurs souhaitent s’affranchir des étiquettes, choisir leur parfum pour ce qu’il évoque, plutôt que pour ce « qu’il doit représenter ».


  • Enjeux identitaires : De plus en plus de personnes revendiquent une identité fluide ou non-binaire, et cette réflexion se répercute dans le choix des soins puis des fragrances.
  • Recherche du sur-mesure : On parfume sa peau comme on compose sa garde-robe personnelle : en puisant là où l’on sent que sa personnalité s’exprime le mieux.
  • Sensibilité aux formules plus simples : Les parfums unisexes misent souvent sur des formules épurées, centrées sur des matières premières évoquant nature, fraîcheur, peau propre…
  • Réduction de la consommation : Pourquoi multiplier les flacons dans la salle de bain quand une odeur peut convenir à toute la famille ou à un couple ?

Dans le sillage des nouveaux parfums : comment reconnaître une fragrance unisexe ?


Au-delà de la mention « unisexe » sur le packaging, les parfums universels se distinguent généralement par leurs accords équilibrés : rarement too much, ni dans le sucre, ni dans l’animalité ou la fougère militaire.


  • Les grandes familles utilisées : Les agrumes (bergamote, citron, pamplemousse), les notes vertes, le thé, le musc, les bois doux (santal, cèdre), la lavande, et certains floraux comme la fleur d’oranger ou l’iris.
  • Des profils olfactifs « propres » ou « naturels » : Beaucoup évoquent la lessive, le linge frais, ou l’impression de peau nue sortant de la douche — une odeur rassurante, sans effet caricatural ni overdose de sillage.
  • Des sillages volontiers intimes : On privilégie la fraîcheur, la subtilité, l’élégance discrète.

Quelques exemples emblématiques : du parfum de niche à la grande parfumerie


  • « CK One » de Calvin Klein : Incontournable, cet accord de thé vert, papaye et musc a posé les bases d’une parfumerie accessible à tous, sans caricature.
  • « Molecule 01 » d’Escentric Molecules : Un best-seller qui joue la carte du minimalisme total, avec essentiellement une seule molécule (Iso E Super) au rendu peau ultra-personnel.
  • L’Artisan Parfumeur « Passage d’Enfer » : Un encens lumineux, baumé, ni masculin ni féminin, qui séduit autant les hommes que les femmes en quête de singularité douce.
  • Serge Lutens « La Religieuse », Le Labo « Santal 33 », Byredo « Blanche » ou Maison Francis Kurkdjian « Aqua Universalis » : Autant de créations à la fois identitaires et partagées, conçues pour se distinguer tout en restant universelles.

Ce qu’en pensent celles et ceux qui les adoptent : témoignages d’expressions libres


« J’ai toujours eu du mal à trouver un parfum « féminin » dans lequel je me reconnaissais. C’est en portant une Cologne boisée, qui sentait presque comme la peau chaude, que j’ai eu un déclic. Depuis, je ne regarde plus jamais le rayon « pour femme »/« pour homme » — je cherche juste ce qui me fait du bien à moi. »
— Lucie, 38 ans

« Mon compagnon et moi partageons deux flacons, on alterne selon l’humeur. C’est plus économique, mais surtout, ça me plaît que son odeur et la mienne se croisent, se modulent… Des fois je ne sais plus si c’est lui ou moi qui porte le parfum. »
— Michel, 41 ans

« Je travaille dans le secteur artistique, et autour de moi presque tout le monde est passé au parfum unisexe ou même apaisant, version “feel good”. On se passe les flacons, parfois on se les offre entre amis, sans jamais penser au genre. »
— Lina, 29 ans

L’effet sur les achats : budgets et pratiques plus responsables


Choisir un parfum universel, c’est aussi prendre le pouvoir sur sa consommation. Les formats partagés favorisent la sobriété : un flacon peut circuler dans la famille, ou servir de point de ralliement olfactif pour un couple. Les marques adaptent leurs prix en conséquence, proposant des grands formats ou des coffrets destinés à être utilisés sans limites.


  • Format voyage et partage : Les flacons nomades, les vaporisateurs de poche, les mini roll-on se démocratisent, parfaits pour « piquer » le parfum de l’autre selon l’envie du jour.
  • Solidarité économique : Les parfums unisexes coûtent souvent moins cher à long terme, puisqu’ils évitent la multiplication des achats cloisonnés.
  • Éco-responsabilité : Limiter la surconsommation de flacons, choisir un parfum rechargeable et minimaliste (souvent la caractéristique des créations universelles) s’insère dans une démarche plus écologique.

Des freins et questionnements encore à surmonter ?


Si la mode est à l’universalité, de nombreux consommateurs continuent toutefois à privilégier une odeur connotée, rassurante, qui rappelle leur histoire ou leur culture olfactive. La puissance du marketing est encore présente : certains ressentent le besoin d’afficher leur appartenance à un genre ou à une image sociale par le biais du parfum.


Néanmoins, la montée en puissance de créateurs indépendants et de niches, l’apparition de collaborations inclusives et d’une communication plus ouverte, tendent à réduire ces barrières. Le parfum n’a jamais été aussi libre.


Questions fréquentes sur les parfums unisexes : que faut-il savoir avant de se lancer ?


  • Toutes les peaux acceptent-elles de la même façon un parfum « universel » ?
    La note finale évolue différemment d’une peau à l’autre. Même pour le même parfum, chacun aura une signature propre ; c’est toute la richesse de ces créations mixtes.
  • Les parfums unisexes tiennent-ils aussi bien que les « classiques » ?
    Il existe des jus très tenaces comme des légers, l’important est de choisir la concentration (eau de toilette, eau de parfum, extrait) qui convient le mieux à l’usage souhaité.
  • Doit-on éviter absolument les compositions trop marquées ?
    Non : certains aimeront un santal en overdose, d’autres un musc animal ou une fleur opulente. L’important, c’est de dépasser le marketing et de s’écouter.
  • Où trouver les meilleures options ?
    En parfumeries classiques ou de niche, mais aussi dans des concepts-stores qui revendiquent la mixité et proposent des conseils personnalisés. Le mieux : tester directement sur peau avant d’acheter.

En résumé : l’émancipation du nez et l’ouverture à de nouveaux possibles


Passer au parfum unisexe, c’est faire le choix de l’émancipation : choisir selon son identité, ses envies, son humeur, et non plus selon une étiquette ou une norme. C’est apprendre à s’écouter, à s’affirmer, et souvent, à se rapprocher de ceux qui partagent nos goûts, sans se soucier des conventions.
Sur beaute-pratique.fr, nous encourageons à oser l’expérience, à explorer la richesse de ces fragrances universelles, et à inventer des rituels collectifs, familiaux ou amicaux — car le parfum, au fond, est avant tout une histoire de plaisir, de partage, et de liberté retrouvée.

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